Oeuvres complètes de P. de Ronsard, Volume 5

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P. Jannet, 1866
 

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Popular passages

Page 244 - Ce qui fut, se refait; tout coule, comme une eau, Et rien dessous le Ciel ne se voit de nouveau, Mais la forme se change en une autre nouvelle, Et ce changement-là vivre au monde s'appelle, Et mourir, quand la forme en une autre s'en va.
Page 120 - Et bref, des loix de DIEU toute la terre est pleine. Car Jupiter, Pallas, Apollon, sont les noms Que le seul DIEU reçoit en meintes nations Pour ses divers effectz que l'on ne peut comprendre, 476 Si par mille surnoms on ne les fait entendre.
Page 240 - Tu me diras encor que tu trembles de crainte D'un batelier Charon, qui passe par contrainte Les âmes outre l'eau d'un torrent effroyant, Et que tu crains le chien à trois voix aboyant, Et les eaux de Tantal...
Page 217 - N'est point environné de l'espais d'un nuage, Ou comme l'on voit luire au soir le beau visage De Vesper la Cyprine, allumant les beaux crins De son chef bien lavé dedans les flots marins. Incontinent les Dieux...
Page 345 - Des liseurs degoustez, les autres leur font peur : Ny trop haut, ny trop bas, c'est le souverain style ; Tel fut celuy d'Homère et celuy de Virgile.
Page 244 - Des extrêmes douleurs, médecin et confort. Quand mon heure viendra, Déesse, je te prie, Ne me laisse longtemps languir en maladie, Tourmenté...
Page 124 - D'un juste poids en l'air, marcher ainsi qu'il faut, Ny descendre trop bas, ny s'eslever trop haut, Et tout ainsi qu'on voit qu'elles mesmes se forment En cent divers portraits, dont les vents les transforment En Centaures, serpens, oiseaux, hommes, poissons, Et d'une forme en l'autre errent en cent façons. Tout ainsi les Daimons, qui ont le corps habile, Aisé, souple...
Page 185 - J'aurois incontinent l'âme plus généreuse, Ainsi que l'Ascrean qui gravement sonna, Quand l'une des neuf Sœurs du Laurier luy donna. Or je ne fu trompé de ma jeune entreprise, Car la gentille Euterpe, ayant ma dextre prise. Pour m'oster le mortel, par neuf fois me lava De l'eau d'une fontaine où peu de monde va, Me charma par neuf fois, puis, d'une bouche enflée. Ayant dessus mon chef son haleine soufflée, Me...
Page 241 - Maistre en la croix estendu Et mourant, de la Mort l'aiguillon a perdu, Et d'elle maintenant n'a fait qu'un beau passage A retourner au ciel, pour nous donner courage De porter nostre croix, fardeau leger et doux, Et de mourir pour luy comme il est mort pour nous ; Sans craindre, comme enfans, la nacelle infernale, Le rocher d'Ixion et les eaux de Tantale.
Page 184 - M'anima d'un esprit subtil et vigoureux, Et me fit de science et d'honneur amoureux. En lieu des grands trésors et des richesses vaines, Qui aveuglent les yeux des personnes humaines, Me donna pour partage une fureur d'esprit, Et l'art de bien coucher ma verve par escrit. Il me haussa le cœur, haussa la fantasie, M'inspirant dedans l'âme un don de poésie, Que Dieu n'a concédé qu'à l'esprit agité Des poignans aiguillons de sa divinité.

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