Histoire de Manon Lescaut et du chevalier Des Grieux

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E. Bourdin [Typ.Lacrampe et comp., 1839 - 344 pages
 

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Popular passages

Page 91 - Je te jure, mon cher Chevalier, que tu es l'idole de mon cœur, et qu'il n'ya que toi au monde que je puisse aimer de la façon dont je t'aime...
Page 58 - Quel passage, en effet, de la situation tranquille où j'avais été, aux mouvements tumultueux que je sentais renaître! J'en étais épouvanté. Je frémissais, comme il arrive lorsqu'on se trouve la nuit dans une campagne écartée : on se croit transporté dans un nouvel ordre de choses ; on y est saisi d'une horreur secrète, dont on ne se remet qu'après avoir considéré longtemps tous les environs.
Page 114 - Mais les personnes d'un caractère plus noble peuvent être remuées de mille façons différentes : il semble qu'elles aient plus de cinq sens, et qu'elles puissent recevoir des idées et des sensations qui passent les bornes ordinaires de la nature...
Page 5 - J'ai tout employé, à Paris, pour obtenir sa liberté. Les sollicitations, l'adresse et la force m'ont été inutiles ; j'ai pris le parti de la suivre, dûtelle aller au bout du monde. Je m'embarquerai avec elle. Je passerai en Amérique. «Mais ce qui est de la dernière inhumanité, ces lâches coquins, ajouta-t-il en parlant des archers, ne veulent pas me permettre d'approcher d'elle. Mon dessein était de les attaquer ouvertement à quelques lieues de Paris. Je m'étais associé quatre hommes...
Page 15 - ... purent me suggérer. Elle n'affecta ni rigueur ni dédain. Elle me dit, après un moment de silence, qu'elle ne prévoyait que trop qu'elle allait être malheureuse; mais que c'était apparemment la volonté du ciel, puisqu'il ne lui laissait nul moyen de l'éviter.
Page 321 - Enfin mes forces recommençant à s'affaiblir, et craignant d'en manquer tout à fait avant la fin de mon entreprise, j'ensevelis pour toujours, dans le sein de la terre, ce qu'elle avait porté de plus parfait et de plus aimable. Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage tourné vers le sable ; et, fermant les yeuse avec le dessein de ne les ouvrir jamais, j'invoquai le secours du Ciel, et j'attendis la mort avec impatience.
Page 315 - Nous avions passé tranquillement une partie de la nuit. Je croyais ma chère maîtresse endormie, et je n'osais pousser le moindre souffle dans la crainte de troubler son sommeil. Je m'aperçus dès le point du jour, en touchant ses mains, qu'elle les avait froides et tremblantes ; je les approchai de mon sein pour les échauffer.
Page 321 - Il ne m'était pas difficile d'ouvrir la terre dans le lieu où je me trouvais. C'était une campagne couverte de sable Je rompis mon épée, pour m'en servir à creuser ; mais j'en tirai moins de secours que de mes mains.
Page 303 - L'expérience commençait à nous tenir lieu d'âge; elle fit sur nous le même effet que les années. Nos conversations, qui étaient toujours réfléchies, nous mirent insensiblement dans le goût d'un amour vertueux. Je fus le premier, qui proposai ce changement à Manon. Je connaissais les principes de son cœur. Elle était droite, et naturelle dans tous ses sentiments; qualité qui dispose toujours à la vertu.305 Je lui fis comprendre qu'il manquait une chose à notre bonheur: c'est, lui dis-je,...
Page 164 - J'ai toujours été persuadé qu'elle était sincère : quelle raison aurait-elle eue de se contrefaire jusqu'à ce point? Mais elle était encore plus volage; ou plutôt elle n'était plus rien, et elle ne se reconnaissait pas elle-même, lorsque, ayant devant les yeux des femmes qui vivaient dans l'abondance, elle se trouvait dans la pauvreté et dans le besoin.

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